Ich Bin Drawing - Du 21janvier au 02 février 2011

Publié le par Brigitte Industrie

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Brigitte Industrie présente :

Ich bin Drawing
Sur une proposition de Julien Duporte, chaudement relayée par Brigitte Industrie"ich bin drawing" s'est constituée à la manière d'une contre archive : compulsivement sans hiérachie, sans mots clés, sans principe d'organisation interne et avec comme seule nécessité à priori le remplissage total de la surface murale de la galerie Brigitte Industrie .
Ich bin drawing n'est pas pour autant un projet curatorial dénué de spécificités et d'intentions bien au contraire . Exclusivement constitué de dessins, terme contenant dans son étymologie même la notion d'intention et de projet, "ich bin drawing" souhaite mettre en avant l'irréductibilité et le statut  toujours aussi complexe de ce médium qui malgré sa reconnaissance plus que tardive au rang d' art à part entière n'en reste pas moins un objet ambigu et difficilement qualifiable . Peut être justement parce qu'avant d'être un médium, un art il reste avant tout une pratique, une technique au sens large du terme . Une technique utilisée par le plus grand nombre, de la manière la plus récréative jusqu'à la plus rigoureuse . Du "doudle" en passant par le dessin technique jusqu' à l'objet d'art, le spectre de son utilisation et de sa valorisation en fait un objet toujours singulier et difficilement catégorique .
C'est de ce constat qu'ich bin Drawing part pour entamer une réflexion collective non pas sur l'impossible définition du dessin beaucoup trop équivoque pour faire sens mais plutôt sur le statut de ses auteurs et les enjeux de leurs co-présences . Puisque bien au delà des identités traditionnellement conviées à la formalisation d'une exposition, à savoir les artistes auteurs clairement revendiqués, ont été convoqués des auteurs qui n'en sont pas,  qui ne se vivent pas ainsi ou pour autant pas dans ce champ de compétence : l'enfant, , l'élève ,le technicien, le chercheur, le scénariste, l'écrivain, .
Autant d'identités générationnelles et ou socio-professionnelle traditionnellement séparées qui sont ici réunies par l'intermédaire d'une technique, prétexte à interroger cette improbable rencontre des genres. 
Et voilà pourquoi le choix de la concentration et de la saturation qui n'est pas sans rappeler la forme du cabinet de curiosité dans les faits n'est pas un simple hasard mais bien un choix majeur dans la construction de cette exposition qui, il est important de le rappeler suit "la collection de Brigitte" exposition dédiée comme son nom l'indique à une réflexion sur une forme de classification, de valorisation et de présentation postérieure au cabinet de curiosité .
Là encore il s'agit d'une forme de constitution et de présentation à priori confidentielle  réservée historiquement à une élite aristocratique ou bourgeoise éclairée .  Elle n'en demeure pas moins l'ancêtre du musée que l'on connaît aujourd'hui . De ce fait il s'agit d'une forme qui peut nous instruire sur les intentions originelles de ces institutions que nous croyons bien connaître par leurs intentions démocratiques alors même que leurs fondements idéologiques sont plus que complices de leur époque qui est celle du colonialisme , du royalisme et de l'empire . Aux confins de l'histoire, de la science, des arts et de l'anthropologie sociale, le cabinet de curiosité témoigne d'une période de réflexion et d'expérimentation  sur le principe de catégorie, de champ, et de genre .
Des réflexions qui ont donné lieu à un découpage toujours en vigueur aujourd'hui .
Revenir sur la forme du cabinet de curiosité c'est s'interroger sur la relation historique qu'ont entretenu art, société et pouvoir entre la naissance de l' anthropologie sociale et l'avènement du musée comme institution publique. Puisqu'au delà de l'éclectisme formel et spatio- temporel des objets qui y sont rassemblés,  se joue un projet de société colonialiste et impérialiste dont nous ne sommes toujours pas revenus . Il ne s'agit pas ici de faire un mauvais procès de l'histoire mais bien de rappeler une fois encore que nous travaillons à partir de catégories et de genres dont l'origine n'est pas sans fondement et qu'une réflexion collective, ouverte et critique sur celle ci n'est jamais inutile ou désuète . Rappeler que la culture est un mouvement dynamique qui  peut être émancipatoire, critique, vivant et partagé c'est s'opposer au discours d'une élite dirigeante qui en fait un objet de marchandise  ainsi qu'un levier pour maintenir et accroître  les inégalités, ce qu'elle a toujours fait comme nous le montre l'histoire .
En ce sens Ich Bin Drawing est une réflexion en pratique sur les principes de catégories, de genres, effectuée sur un mode à la fois critique et jubilatoire

Brigitte Industrie Souhaite à ce titre remercier tous les contributeurs et participants à cette aventure pour leurs créativités, leurs dérisions et leurs disponibilités .


Ich Bin Drawing
Une exposition de dessin
Du 21 janvier au 2 février 2011

Vernissage, projections, concerts
Vendredi 21 de 19h jusqu'à tard

Une exposition présentant les dessins de :

Julien Marty, Katia Bot, Julien Quentin, Pierre Le Saint, Joachim Monvoisin, Sophie Glade, Anna Boulanger, Anna Picco, Antoine Ronco, Anthony Folliard, Florian Cichet, Julien Lemière, Pierre Galopin, Charlotte Fisselier, Benjamin Graffmeyer, Sylvain Descazot, Myosh, Andoni Mailard, Yannick Castagna, Xurxo Duran Sinero, Romain Poussin, Gromy, MacDuff, Valentin Ferré, Etropud, Guillaume Borde, Corentin Canesson, Juliette Roche, Carl Phelipot, Damien Le Devedec, Ré-Rex, Julien Belton, Trib Dirt, Ema Joms, Georges Fortuna, Pierre Derrien, Julien Monnerie, Vlan, Clément Aubry, Dorian Caburet, Florian Passelergue, Dulac, Sue Hyun, Alice Bertrand, Olivia Sautreuil, Sarah Lück, Lucia  Salzegeber, Catherine Le Carrer, Manoela Prates et beaucoup d'anonymes.

 

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macula 25/01/2011 01:33



c'est l'extincteur qui garde l'expo ?